Vendre une cave : enchères, négociant, ou discrètement.
La plupart des caves se vendent mal, et presque toujours pour la même raison : le vendeur a choisi la voie avant d'avoir fait l'inventaire.
Une cave arrive sur le marché pour trois raisons : une succession, un déménagement, ou le constat à soixante-dix ans que personne ne boira quatre cents bouteilles. Dans les trois cas le vendeur est pressé et en sait moins que ceux avec qui il s'apprête à négocier. Cette note est l'autre côté de la table.
Les trois voies
Les enchères. La maison catalogue, photographie, stocke et vend. Commission vendeur généralement de 10 à 15%, négociable sur un bel ensemble, et prime acheteur de 20 à 25% par-dessus. Cet écart explique qu'une bouteille payée 1 000 francs par l'acheteur en rapporte 700 au vendeur. Le règlement intervient plusieurs semaines après la vente. Genève comme Zurich disposent de vraies maisons spécialisées.
Le négociant. Une offre unique pour l'ensemble, payée vite, sensiblement sous le prix de détail, parce qu'il porte le stock, la garde et le risque. La commodité est réelle, la décote aussi.
Le placement privé. Un spécialiste trouve l'acheteur bouteille par bouteille. C'est ce qui rapporte le plus et prend le plus de temps, et cela ne fonctionne qu'avec une provenance documentée. C'est notre métier : prenez-le comme une déclaration d'intérêt plutôt que comme un argument.
La préparation, qui fixe le prix
- Inventorier chaque bouteille : producteur, cuvée, millésime, format, quantité.
- Relever le niveau de tout ce qui précède 1990. Deux niveaux différents sur le même millésime font deux
prix différents.
- Photographier étiquette, capsule et épaule de face, sur fond neutre.
- Retrouver les papiers : factures d'origine, documents du transitaire, relevés d'entrepôt. La provenance
est la valeur la moins chère que vous ajouterez jamais.
- Ne pas casser les caisses d'origine. Une caisse scellée vaut plus que les douze bouteilles qu'elle
contient.
- Ne pas déplacer le vin deux fois. Chaque trajet coûte et risque.
L'erreur la plus coûteuse que nous voyons : une cave enlevée en août, dans un camion non réfrigéré, pour
être photographiée ailleurs. Quelques semaines plus tard les niveaux ont baissé, et les acheteurs le voient.
Fiscalité suisse, en bref
Information générale, à confirmer avec votre conseil et selon votre canton. Pour un particulier résident, le gain sur la vente de biens mobiliers privés n'est en principe pas soumis à l'impôt sur le revenu, sauf si l'activité est qualifiée de commerce professionnel. En revanche, l'impôt sur la fortune cantonal frappe chaque année les biens mobiliers, cave comprise, qu'elle soit vendue ou non. Les droits de succession sont cantonaux et, dans la plupart des cantons, les descendants directs paient peu ou rien.
Quelle commission prend une maison d'enchères au vendeur ?
De l'ordre de 10 à 15% du prix marteau, négociable sur un bel ensemble, l'acheteur acquittant en outre une prime de 20 à 25%. Assurance et photographie peuvent s'ajouter.
Le gain sur la vente d'une cave est-il imposable en Suisse ?
Pour un particulier résident, le gain sur biens mobiliers privés n'est en principe pas soumis à l'impôt sur le revenu, sauf commerce professionnel. La cave reste soumise à l'impôt cantonal sur la fortune.
Par quoi commencer avec une cave héritée ?
Par un inventaire bouteille par bouteille avec producteur, millésime, format et niveau, et des photographies, avant de contacter le moindre acheteur.